Comme chaque année, la DNCG vient de publier les comptes individuels des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Et comme chaque saison, la situation du football professionnel français continue de s’empirer… Explication de la situation du club doyen avec les comptes de la saison passée !
20 millions de déficit avant transferts !
Premier constat et il n’est pas vraiment surprenant : le HAC est en déficit très important. Sur 52M de dépenses la saison passée, seuls 32M étaient financés par des revenus hors transferts. Le HAC a un donc un déficit structurel de 20M€/an. Un déficit heureusement allégé par les revenus des indemnités de transferts de Joujou, Ngoura, Gomis, Targhalline, Opéri et Sabbi. Le tout pour un total de 10M d’euros. Le résultat net du club doyen sur la saison 2024-2025 est donc de -9 693 000€.
Et la situation ne devrait pas s’améliorer puisque le HAC touchait l’an passé plus de 10M de droits TV grâce aux contrats de DAZN et Bein Sports. Si les deux continuent de payer une part cette saison -DAZN pour compenser sa rupture de contrat et Bein Sports pour diffuser la rencontre du samedi-, à terme les revenus générés viendront tous de Ligue 1+. Une somme annuelle estimée à moins de 5M€.
Pour le HAC, l’urgence par rapport à la saison passée était donc de réduire les dépenses. D’abord et avant tout sur la masse salariale globale qui équivaut à 30M annuels tous salariés confondus l’an passé. Mais aussi sur les charges diverses qui grèvent 20M€ chaque saison.
Des revenus structurels dérisoires à l’échelle de la L1 !
Sans les droits TV, les revenus stables du HAC atteignent les 22M€ euros. Il s’agit des contrats de sponsoring et de publicités (7,3M€), du merchandising, et des recettes de la billetterie (4,8M€). Ainsi, le club doyen arrive à peine à financer la moitié de son budget avec ce type de ressources. C’est pourquoi il est quasiment indispensable pour la direction de vendre et de réduire au maximum les dépenses… Si le propriétaire a mis de sa poche 5M€ pour couvrir le déficit de la saison passée, il faudra à l’avenir devenir de plus en plus autonome pour garantir un fonctionnement sain du club.
Et dans cette perspective, le mercato estival sera indispensable pour générer des indemnités de transfert permettant de couvrir le déficit du HAC. Contrairement à l’an passé, les Ciel & Marine comptent dans leur rang de belles valeurs marchandes. On peut notamment citer Ayumu Seko, Stephan Zagadou, Rassoul Ndiaye, Simon Ebonog ou encore Enzo Koffi. Tous ont une situation contractuelle largement plus favorable pour la négociation que les derniers départs souvent réalisés à la hâte pour éviter un départ libre 6 mois plus tard…
Un championnat aux abois financièrement…
S’ajoutent à cela les nombreux départs des joueurs en fin de contrat dont 8 des 10 joueurs les mieux payés du HAC qui pourraient permettre de réduire encore la masse salariale. Par ailleurs, le club doyen doit encore toucher plus de 8M d’indemnités sur les transferts des dernières fenêtres du mercato. De quoi permettre peut-être de couvrir la baisse drastique des droits TV qui pénalise tout le football français.
D’ailleurs, le HAC s’en sort plutôt bien par rapport à d’autres clubs dont le déficit structurel est énorme : Nantes (52M€), Lyon (205M€), Montpellier (41M€), Nice (80M€), Reims (62M€), Saint-Etienne (36M€) ou encore Strasbourg (103M). Dans un championnat où seuls deux clubs sont rentables avant transferts (Lille et Brest), les Havrais jouent dans la même cour qu’Angers (-22M€) et Auxerre (-21M€). Deux clubs qui, contrairement au HAC, ont pu lors des dernières années bénéficier de l’apport du fonds CVC. Si le club doyen s’est déjà habitué à l’austérité, pour d’autres, la pilule risque d’être plus dure à avaler.
Crédit photo : Matis Millet / Doyens, le Média


