C’est une surprise pour aucun supporter du HAC : le club doyen ne dépensera à nouveau aucun centime en indemnité de transfert sur ce mercato. C’est d’ailleurs le 5e mercato havrais consécutif où cette situation se reproduit. Et pourtant ! Mathieu Bodmer, le directeur sportif et toute son équipe arrivent toujours à dénicher des bonnes affaires. Des recrues à moindre coût qui permettent au HAC de se maintenir. Comment font-ils donc pour attirer des joueurs qui ont des propositions largement supérieures dans d’autres clubs ?
Sur ce mercato hivernal, trois joueurs sont arrivés : Timothée Pembélé (en prêt en provenance de Sunderland), Sofiane Boufal (libre après son départ de l’Union Saint-Gilloise) et enfin Lucas Gourna (prêté par le Red Bull Salzbourg). Trois joueurs qui apportent une vraie plus value à l’effectif ciel & marine.
Si le premier déjà connaisseur des lieux, n’avait pas beaucoup de prétendants après une demi-saison quasi blanche à Sunderland, ce n’était pas le cas des deux autres. Mais ce sont aussi les bons souvenirs de l’an dernier qui ont convaincu Pembélé de revenir dans la Porte Océane.
"Le Havre, c'est les plus grands moments de ma carrière ! Sportivement et humainement, il n'y avait pas meilleur endroit pour reprendre du plaisir à jouer au foot !"
— Doyens, Le Média (@DoyensLeMedia) January 15, 2026
Timothée Pembélé pour @Sport_PN 🗞️ pic.twitter.com/vLfcWC7TX9
Relancer et promettre !
Le cas de Pembélé est particulier. Il est d’ailleurs le premier retour d’un joueur professionnel dans l’effectif depuis 2009 et celui de Jean-Michel Lesage en provenance d’Auxerre. Pour le reste, Bodmer et son équipe ont fait marcher leurs réseaux. Mais ils n’étaient pas les seuls sur le dossier !
Pour Boufal, un club tenait la corde. Il s’agit de Wydad, dans son pays d’origine au Maroc. Le club de Casablanca a proposé à l’ailier de 32 ans un salaire quatre à cinq fois supérieur au HAC selon la presse marocaine. Mais après trois saisons en Ligue 1, le club doyen a acquis une belle réputation. Celle de savoir relancer des joueurs en difficulté. De quoi mettre de côté l’aspect financier.
Le meilleur exemple de cette capacité à relancer les joueurs est certainement Junior Mwanga. Le milieu défensif n’avait quasiment pas de temps de jeu dans le Strasbourg version BlueCo. En arrivant au HAC, il est devenu incontournable et a acquis une vraie valeur, marchande mais aussi sportive. Dans le cas de Boufal, vient se greffer à cette idée de se relancer un autre projet. Celui de participer à la Coupe du Monde en Amérique du Nord avec les Lions de l’Atlas.
La direction a été claire avec lui. Certes, il ne gagnera pas un salaire mirobolant, d’autant que le club a une masse salariale encadrée. Mais en revanche, son temps de jeu est quasiment garanti dans une attaque en manque de créativité. Et ce, dans un championnat bien plus exposé que le championnat marocain. Boufal permettra peut-être au HAC de se maintenir, le HAC permettra peut-être à Boufal de jouer la Coupe du Monde. Un deal gagnant-gagnant. Pas financièrement mais sportivement.
La force de persuasion !
Dans un sport qui est devenu avant tout un business, cela ne marche pas à tous les coups. Le cas Romain Faivre en est le parfait exemple. Ne souhaitant pas renoncer à une partie de son salaire de Bournemouth, l’ailier a préféré snober au dernier moment le club doyen pour accepter la proposition de l’AJA plus intéressante financièrement.
Mais il existe encore des joueurs pour qui le projet sportif est plus important. Et c’est là qu’intervient la force de persuasion de la direction. Mais pas seulement… Le coach, Didier Digard s’implique personnellement dans le recrutement pour persuader certains joueurs de venir. Ce fut le cas notamment dans le dossier Lucas Gourna-Douath. Alors qu’il était en échec en Autriche après un prêt peu concluant à l’AS Roma, la direction a fait de lui une priorité pour renforcer son milieu de terrain.
Un milieu peu étoffé qui souffre de l’absence de longue durée d’Abdoulaye Touré. Seuls 4 joueurs (Seko, Ebonog, Kechta et Ndiaye) se partageaient jusque là quasiment l’intégralité du temps de jeu. Et l’un d’entre eux, Seko, est un défenseur de formation. Le problème dans le dossier de Gourna était à nouveau la concurrence. Les Rangers (Ecosse) et surtout Valence (Espagne), deux très grosses institutions du football européen souhaitaient le recruter.
Sportivement et financièrement, les deux autres clubs avaient certainement plus d’atouts. Mais Didier Digard a convaincu le joueur et son agent de venir au HAC. En lui promettant un temps de jeu conséquent, Gourna n’avait plus qu’un club en tête. Il refusa alors les autres propositions pour s’engager avec le club doyen.
La même méthode pour recruter un attaquant ?
Si cette méthode fonctionne si bien, pourquoi le HAC a-t-il donc tant de mal à trouver un attaquant, pourrait-on alors se demander. La raison est simple, les attaquants de pointe efficaces sont très rares. Et la rareté, ça se paie. Les clubs demandent des sommes mirobolantes si le joueur est encore sous contrat. Et donc, très peu d’attaquants se retrouvent libres de tout contrat sur le marché. Encore moins dans la fourchette de salaires proposés par le HAC.
Mais, malgré tout, la direction semble se rapprocher d’une solution. D’ici la fin du mercato, un joueur offensif devrait arriver dans la Porte Océane selon Josué Cassé de Foot Mercato. Contraint par la situation économique du club, Mathieu Bodmer, d’abord réticent, a été convaincu par le bienfondé des prêts pour améliorer l’effectif sur le court terme. L’attaquant annoncé pourrait ainsi être le 4e joueur prêté. A moins que la direction sportive ne trouve un accord avec un club pour libérer un joueur encore sous contrat. Annoncé comme potentielle recrue du HAC par Foot Mercato il y a deux semaines, Mansour Samb ne viendra pas.
Toujours est-il que même en l’absence d’un 9, poste le plus attendu, ce mercato est déjà une grande réussite. En ayant fait partir des joueurs qui ne se sont pas imposés comme Pizarro, Namli et Delaine, le HAC s’est donné des marges financières et sportives pour pouvoir recruter. Et les trois joueurs arrivés semblent faire l’unanimité. Soit par leur talent soit par leur état d’esprit. Si on ajoute à cela les signatures des contrats pros de Koffi, Obougou et bientôt celle de Quetant ainsi que les prolongations de contrat en cours, il y a de quoi entrevoir l’avenir avec beaucoup d’espoir pour le HAC…
Crédit photo : Emmanuel Lelaidier ( hac-foot.com )


