Après l’annonce de sa prolongation, Lauriane Dolt nous a accordé sa première interview. Les raisons de sa prolongation, le bilan de la 1e phase et son profil de coach… L’entraîneure du STB a répondu à toutes nos questions !
Le club vient d’annoncer votre prolongation. C’est une marque de confiance réciproque entre Saint-Thomas et vous. Avez-vous hésité à signer ?
Non, je n’ai pas hésité. J’avais une option si on montait mais prolonger maintenant est clairement une marque de confiance. Je me sens bien ici. Je peux m’exprimer facilement et librement. La relation avec le directeur sportif Jean-Manuel Sousa est bonne. Il m’aide beaucoup et me laisse m’exprimer dans ce que je veux mettre en place avec les joueurs.
L’équipe a fini la première phase à la place de leader. On imagine que vous êtes satisfaite ?
Oui. Dans l’ensemble, bien sûr. Après, la première place importe peu… Ce sont les défaites et victoires qu’on emmène en deuxième phase qui sont importantes. Si on avait pu enlever une défaite, ça aurait été mieux. Je pense notamment aux deux défaites à domicile face à Loon et Boulogne. Sur ces deux matches, on a très mal entamé la rencontre et on n’a pas respecté le plan de jeu. Il y a pas mal de déception sur ces rencontres mais on sait bien que finir invaincu est quasiment impossible.
Le premier défaut à corriger, c’est la constance sur 40 minutes !
Pour vous, ce sont les entames qui seront le premier défaut à corriger pour la suite ?
Oui et globalement la constance sur 40 minutes. Des fois, on est aussi bien au début et après on connaît un trou. Il faut travailler sur cette constance !
L’an dernier, le STB avait bien négocié sa 2e phase mais avait échoué sur la dernière marche. Êtes-vous plus confiante pour cette saison ?
Je ne me compare pas à l’année dernière. On est reparti sur un nouveau chapitre. Je n’ai qu’une seule philosophie sur ces 14 rencontres, c’est match après match !
On va devoir faire avec la blessure de Marc Gosselin puisqu’on ne trouve pas de joueur adéquat… Grace Matundu jouera en N1 ! C’est un symbole fort pour la formation du club !
Ne craignez-vous pas de revivre les blessures dont vous avez souffert l’an passé ?
Non, non… Chaque année est différente. On a la blessure de Marc (Gosselin) jusqu’à début mai. On va devoir faire avec puisqu’on ne trouve pas de joueur adéquat pour le remplacer… Concernant Jordan Robertson, un possible retour après sa blessure au genou est un gros point d’interrogation…
Ce sera donc Grace Matundu qui montera avec l’équipe de N1 pour remplacer Gosselin ?
Oui, il ne jouera plus pour l’instant en Nationale 3. Depuis le moment où on fait appel à lui, il répond systématiquement présent ! Il évolue bien et nous apporte dans le jeu. C’est aussi un symbole fort pour la formation. J’ai toujours aimé avoir des jeunes joueurs entre mes mains !
Pour l’absence de Robertson, son remplaçant, Ajare Sanni est déjà arrivé depuis plusieurs semaines maintenant. Il a montré des bonnes choses jusqu’à présent, est-ce que vous pensez qu’il peut encore monter en puissance ?
Oui, il doit améliorer ses performances. Il s’est bien intégré au groupe et l’équipe l’a bien accueilli aussi. Pour lui, la présaison est finie et le championnat commence !
Au début de saison, vous avez choisi d’allonger l’effectif en passant de 9 à 10 joueurs pro. Avec les recrues à l’intérieur, Momar Ndoye est désormais exclusivement sur le poste 3. On imagine que c’était un choix de votre part ?
Oui, on voulait statuer sur un poste. Tout en sachant que Momar pouvait donner un coup de main parfois à l’intérieur.
A part Kevin Bercy et bien sûr Ajare Sanni, tous les joueurs étaient déjà là pendant la préparation. Est-ce que vous avez trouvé que ça a eu un impact sur le début de saison ?
Je ne sais pas trop. On a cherché à faire progresser le groupe de jour en jour et de semaine en semaine. La présaison a été correcte mais il y a plein de petites étapes qu’on n’avait pas forcément validées. Certes, on a gagné les 10 premiers matches mais c’est pas ça qui fait qu’on a fait une bonne présaison.
On affiche nos ambitions clairement. Donc les équipes moins bien classées vont toujours vouloir faire le match parfait contre nous…
Cette série a d’ailleurs commencé par un premier match contre Besançon qui avait été assez compliqué…
Oui, on a une équipe qui réagit… C’est ce qu’on a fait beaucoup de fois. Il faut vraiment qu’on soit plus constants et faire un match plein de la première à la dernière minute. Après, on affiche nos ambitions clairement donc les équipes moins bien classées vont toujours vouloir faire le match parfait contre nous…
L’un des piliers de la tactique du STB, c’est la domination dans la raquette. Est-ce que c’était un axe que vous aviez identifié cet été ?
Oui, absolument ! On voulait avoir une transition attaque-défense forte. Idem sur l’aspect athlétique et physique notamment avec nos postes 3 qui apportent encore plus de densité. On pourrait être encore meilleurs sur cet aspect selon moi mais bon…
Et il y a ensuite eu cette série de 3 défaites consécutives…
On a bien travaillé… Forcément, à un moment ou à un autre, la série doit s’arrêter. Ce qui me gêne plus, c’est qu’on a perdu parce qu’on n’est pas rentré dans le match. Ce n’était pas parce que nos adversaires étaient plus forts… Au départ de ce match de Loon, ils ont fait le travail pour gagner mais nous n’avons pas été présents et on les a laissé dérouler. Derrière, on n’a pas réussi à revenir… On a encore un peu de travail pour cette 2e phase !
Sur cette série, les blessures de Cédric Bah et Steven Cayol vous ont fait mal…
Les blessures, on ne peut rien y faire… Si on a voulu un effectif aussi riche, c’est aussi pour pouvoir pallier ses blessures. Maintenant, quand on joue des équipes du top 3 avec des blessés, c’est plus compliqué !
Je ne coache jamais pour perdre !
Au même moment, le STB a été éliminé en Coupe de France par Blois (Elite 2). Est-ce que c’était un vrai objectif ?
Je ne coache jamais pour perdre ! Ma philosophie sur la Coupe, c’est que c’est la compétition des joueurs. Si les joueurs n’avaient pas envie de jouer contre Loon, on l’aurait perdu et on n’en parlait plus. Les joueurs le savent. Quand on joue une équipe au-dessus, on a forcément envie de se montrer. Avec le staff, on avait préparé ce match comme les autres. Et les joueurs ont voulu aussi se donner les moyens d’offrir une belle opposition.
Après cette série, la trêve a fait énormément de bien. Elle était nécessaire ?
Oui, ça a permis de régénérer le groupe et les corps. On a poussé sur certains joueurs physiquement et mentalement. Donc, la coupure était nécessaire.
S’en est suivie une série de 8 victoires consécutives avec d’excellentes prestations défensives. Est-ce que c’était vraiment ce que vous attendiez défensivement ou y a-t-il encore des détails à corriger dans ce domaine ?
Oui, il y a encore des manques. Dans l’aspect collectif, on est assez solide… On a perdu qu’une seule fois la bataille du rebond à Loon-Plage ! Et on avait gagné ! C’est une volonté de notre part de faire partie des meilleures défenses. Mais en un contre un, il faut avoir envie de stopper son joueur. On laisse encore trop de rebonds offensifs, simplement par manque de lucidité, de concentration ou de volonté de se battre.
Regrettez-vous les défaites contre le SCABB et Boulogne ensuite ?
Sur les deux défaites qui ont suivi, on est certes tombé sur des individualités énormes, mais on a perdu sur des petits détails… Ces détails sont importants pour gagner ce genre de match. Contre Boulogne, on ne s’est pas du tout comporté comme une équipe qui est leader et veut le rester… Ils ont pris le match de la meilleure des manières et nous n’avons pas réagi…
Mon travail, ça va être de trouver la solution pour commencer correctement les matches et ne pas courir après le score… Il faut avoir plus de maîtrise !
A Loon, le début de match n’a pas été le même…
Non, en effet ! Dès le coup d’envoi, on a vu sur les visages que les joueurs voulaient en découdre ! Malheureusement, contre Mulhouse, le début de match a été à nouveau très compliqué. Mon travail, ça va être de trouver la solution pour faire en sorte de commencer correctement les matches et ne pas courir derrière le score en se fatigant… Il faut avoir plus de maîtrise…
Pensez-vous que le dernier match contre Fos était la prestation la plus aboutie de la saison ?
Fos a une grosse équipe. Ils viennent de descendre de Pro B, ils ont du talent de tous les côtés… Contre Mulhouse, on pouvait verrouiller certains joueurs. Mais contre Fos, c’est impossible car un autre joueur peut sortir de sa boîte. Sur cette victoire, on n’était pas loin de ce qu’on voulait mettre en place ! Notamment défensivement. Par exemple, Steven Cayol a très bien muselé Bridgewater (meilleur scoreur et meilleur passeur de Fos) et il a pété les plombs avec deux fautes offensives.
Dans ma vision du basket, il faut que ça dépote ! (…) J’aime le beau jeu !
C’est quelque chose que vous appréciez particulièrement quand les joueurs mettent beaucoup d’intensité ?
Oui, c’est ma vision du basket. Avec moi, il faut que ça dépote ! Ca correspond parfaitement à ce que je veux mettre en place sur un terrain !
Vous mettez aussi beaucoup en avant le collectif plutôt qu’une individualité forte ?
Il faut s’appuyer fondamentalement sur le collectif. J’aime le beau jeu, je n’aime pas le basket figé autour d’une seule action ou d’un seul joueur avec des coéquipiers attentistes.
Ca n’irait donc pas dans votre philosophie d’avoir un gros scoreur qui ne fait pas les efforts défensifs par exemple ?
Non, il faut défendre un minimum… Après, on manquait de joueurs à qui on pouvait donner la balle, créer et débloquer certaines situations. C’est pour ça qu’Ajare (Sanni) nous a rejoints. C’est le joueur qui va pouvoir nous faire ça ! Contre Mulhouse, il n’a pas forcément été très bon mais c’est lui qui a fait la différence ! Sur les derniers matches, on marque un peu plus de points grâce à l’apport d’Ajare Sanni. Il nous apporte des espacements différents car il est très adroit. Forcément, la défense est plus serrée sur lui… Ca ouvre des espaces pour les autres… Il est aussi capable de créer des situations pour ses coéquipiers.
Vous aimez aussi vous adapter à l’adversaire pendant les rencontres…
Tant que ça marche, je reste sur notre plan A. Mais, dès que je vois que ça ne fonctionne pas, il y a des plans B et C. Ils sont préparés en amont. Par exemple, contre Mulhouse, on s’est aussi adapté tactiquement !
Y a-t-il un joueur qui résumerait votre philosophie de coach ?
Non, j’évolue d’année en année. Je ne suis plus la même coach que ma première année à Mulhouse il y a cinq ans. Je me rapproche de plus en plus de ce vers quoi je veux tendre. Mais ce ne serait pas juste de sortir simplement un joueur. Et au contraire, je veux sortir de cette zone de confort d’avoir seulement des joueurs qui rentrent dans une case et ne sortent pas du cadre. On a aussi besoin de ça pour gagner !
Dernière question et pas des moindres, est-ce qu’un coach peut être satisfait ?
Oui, je suis satisfaite de l’évolution du groupe. Malgré la perte de Marc (Gosselin), je trouve que le groupe s’en sort vraiment très bien !
Crédit photo : Cyril Douyère – STB Le Havre


