Beaucoup de changements pour la section féminine du HAC !

Alors que le mercato bat son plein aussi pour la section féminine du HAC, la direction et le staff doivent aussi composer avec de nombreux changements qui ont émaillé l’intersaison au sein du football féminin français.

La convention collective enfin signée !

Depuis la création de la LFFP en 2024, c’était l’une des promesses non tenues de la professionnalisation. Désormais, ce sera le cas. Le foot féminin français aura le droit à une convention collective qui fixe les droits et devoirs des joueuses envers les clubs de Première et Seconde Ligue.

Il s’agit d’une réelle avancée sociale pour les joueuses qui jusque-là évoluaient parfois avec des statuts très précaires. Désormais, les clubs de Première et Seconde Ligue devront avoir au minimum 11 joueuses professionnelles, à temps plein dans l’élite, à temps partiel (21h hebdomadaires minimum) en Seconde Ligue.

Quels droits pour les joueuses ?

Au-delà de cette garantie qui permet d’éviter des sous-investissements de certains clubs voulant se défaire progressivement de leur équipe féminine, l’UNFP (syndicat des joueurs et joueuses pros) a aussi obtenu de nouveaux droits. A leur arrivée dans un nouveau club, les joueuses auront le droit à 7 nuitées offertes par le club en attendant de trouver un logement.

Les clubs devront répondre à un cahier des charges précis en termes d’infrastructures sportives et médicales. La convention garantit aussi 6 semaines de congés payés. Si ce chiffre peut paraître bas dans un football féminin où les trous dans les calendriers sont nombreux, il a le mérite d’exister. D’autant que la gestion des congés peut parfois faire l’objet de nombreux débats au sein des clubs

Autre point important : les joueuses seront désormais protégées en cas de grossesse. Leur salaire sera garanti pendant 16 semaines de congé maternité. Et ce, sans condition d’ancienneté dans le club ! L’accès aux infrastructures avec un suivi médical pendant cette période est aussi certifiée grâce à la convention. En cas d’arrêt de travail “classique”, les joueuses pourront toucher l’intégralité de leur salaire pendant 90 jours minimum. C’était d’ailleurs un point qui avait retardé énormément l’adoption de cette convention… Tout comme la rémunération liée aux droits à l’image des joueuses sur laquelle syndicats des clubs et des joueuses sont finalement tombés d’accord.

Une compétition réformée !

Cette grosse nouveauté s’accompagne aussi de la réforme des compétitions. Nouveauté de l’an dernier, la Coupe de la LFFP est déjà modifiée ! Au lieu d’une phase de poules classique, la première phase se jouera désormais en phase de ligue. Les clubs européens sont, de leur côté, toujours exemptés de cette première phase.

Ce format semblable à la Ligue des Champions donnera un peu plus de suspense à cette première phase. En effet, l’an dernier, les équipes de Première Ligue avaient montré leur supériorité face à des équipes de Seconde Ligue encore un peu tendres. Désormais, au bout des quatre rencontres par équipe -deux contre des équipes de Première Ligue, deux contre des équipes de Seconde Ligue-, les 21 équipes de la première phase seront classées dans une ligue unique. Les 10 premiers s’affronteront en barrages pour définir quelles seront les cinq équipes qualifiées en quarts de finale. Les cinq premiers de la Ligue joueront ce barrage à domicile.

Cette compétition commencera le week-end du 22 août. Il y aura deux journées avant le début du championnat les 5 et 6 septembre. De son côté, le HAC sera exempt pour la première date. Le club doyen débutera donc sa saison le 29 août. Comme l’an dernier, les Ciel & Marine affronteront Nantes au Stade Océane avant de se déplacer à Metz (Seconde Ligue) le 26 septembre et Saint-Malo (Première Ligue) le 21 octobre puis de recevoir Saint-Etienne (Seconde Ligue) le 9 décembre.

L’assistance vidéo débarque en Première Ligue !

Ce format novateur qui plaît au sein du club n’est pas du tout la seule nouveauté ! La LFFP et la FFF ont conjointement annoncé l’arrivée de l’assistance vidéo en Première Ligue. A l’instar de la Ligue 1, les arbitres de Première Ligue pourront donc revenir sur leurs décisions en cas de but, pénalty, carton rouge ou d’erreur d’identité sur un carton. S’ajoute à ces cas la possible introduction des deux nouvelles situations depuis la Coupe du Monde… C’est-à-dire un deuxième jaune erroné et un corner accordé à tort.

Connue pour ses nombreuses erreurs arbitrales, la Première Ligue voit donc débarquer un outil d’amélioration de l’arbitrage. Reste à savoir si cela permettra d’éviter des erreurs parfois flagrantes… Comme ce fut le cas cette saison par exemple lors de RC Lens-HAC. A noter que Stéphanie Frappart, arbitre professionnelle de football masculin mais aussi ancienne directrice technique de l’arbitrage féminin a quitté ces deux postes pour une promotion en tant que responsable de l’arbitrage de l’UEFA.

Un concurrent qui disparaît, un autre repêché !

L’autre dossier chaud du foot féminin français concerne le Dijon FCO. Après plusieurs mois d’atermoiements au détriment des joueuses et employé(e)s du club bourguignon, celui-ci a finalement été exclu des championnats nationaux par la DNCG. Malgré le projet de reprise venu du Maroc, le DFCO a annoncé mardi qu’il jetait l’éponge et ne ferait pas appel de cette décision. La descente aux enfers ne s’arrête pas là… La liquidation judiciaire de la section devrait être prononcée

Le RC Lens, relégué sur le terrain, profite de la défaillance du DFCO pour être repéché en Première Ligue. Les Nordistes ont, par la même occasion, renouvelé leur staff et quasiment l’intégralité de l’effectif. Problème : ce renouvellement a été effectué dans l’optique d’une saison en Seconde Ligue. Les arrivées parmi lesquelles on peut retrouver Elisa Launay ou encore Noa Lambrecht, anciennes ciel & marine, devront sûrement être accompagnées d’autres joueuses… Cette fois, avec le projet clair de jouer le maintien en Première Ligue !

Le foot féminin français en danger ?

Le cas dijonnais n’est malheureusement pas isolé… C’est encore une preuve de l’intérêt limité des dirigeants du football français. Et ce, alors que le football féminin est pourtant en plein essor à l’étranger (Angleterre, USA, Allemagne, Espagne)… La section féminine de l’OGC Nice que le HAC avait affrontée en Coupe de France est aussi en danger.

De son côté, le Stade de Reims, qui s’est aussi débarrassé de sa section au niveau professionnel (au profit du Stade Malherbe de Caen qui monte en Seconde Ligue du fait des rétrogradations), a cru bon dédier à sa section masculine un bâtiment flambant neuf alors que celui-ci était à l’origine dédié à sa section féminine… Les contribuables champenois qui ont contribué au “développement du football féminin” devraient apprécier…

Quant à la section féminine du HAC, elle a été préservée malgré les réticences de Blue Crow pour la conserver au moment du rachat du club l’été dernier. Faute d’accord pour un rachat de la section, notamment de la part de Vincent Volpe, celle-ci restera bien au sein de la SASP. La direction a obtenu des garanties pour sa continuité à court et moyen terme. La section féminine reste tout de même toujours à la recherche d’un repreneur ! Comme beaucoup d’autres clubs en France…

Une programmation renouvelée !

C’est dans ce contexte assez morose que la LFFP essaie de promouvoir un championnat qui manque encore d’un vrai engouement populaire et médiatique. Canal + assurera comme depuis plusieurs saisons la diffusion de deux rencontres par journée. Ces deux matches seront diffusés en prime time à 21h les vendredis et samedis soirs. Les quatre autres matches se disputeront le samedi à 18h. Et comme toujours, ils seront diffusés gratuitement sur la chaîne YouTube de la Première Ligue.

Pour le HAC, le championnat commencera le 5 septembre sur le terrain des Marseillaises à Martigues où elles affronteront les nouvelles joueuses de Nicolas Chabot, entraîneur arrivé à Marseille en provenance de Nantes. Malgré la réception d’OL-Lyonnes dès la 3e journée, les Havraises tenteront de reproduire leur excellent début de saison de l’an passé. Et ce n’est pas impossible… En effet, le club doyen affrontera les deux promus, Toulouse et Saint-Malo avant de se déplacer à Montpellier. Tout cela lors des cinq premières journées !

Reste à savoir comment le HAC s’adaptera à l’énorme renouvellement de son effectif engagé cet été… Un renouvellement qui devrait se confirmer avec l’officialisation de nombreuses recrues par le club assez rapidement… A commencer par Marie Petiteau et Judith Coquet qui devraient retrouver Maxime Di Liberto qu’elles ont connu à Montpellier. Cette révolution n’épargnera pas non plus le staff… Selon nos informations, Woury N’Dongo (adjointe) a quitté le club… Tout comme Nora Coton-Pélagie (team manager) et Gwenaël Roucheyrolle (entraineur des gardiennes). Tous seront remplacés !

Crédit photo : Damien Patard

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